Badenya. Les Frères Coulibaly
Famille de Griots du Burkina Faso
" Ils ont hérité de la tradition. Je les soutiens,
car ils ont su comprendre quà notre époque il faut
à la fois lenracinement et louverture. " Baaba
Maal - 2000Originaires du nord-ouest du Burkina Faso, Badenya les Frères
Coulibaly sont issus d'une famille de griots de l'ethnie bwa. En Afrique
de l'ouest, les griots sont les dépositaires des traditions orales,
de l'histoire de leur peuple et de ses rythmes et musiques. Ce sont
les messagers et les gardiens de la mémoire de la culture.
Composé à lorigine par les jumeaux Lassina et Ousséni
et connus sous le nom " les Frères Coulibaly ", le
groupe s'est élargi et compte à présent 8 membres,
sous le nom de " Badenya les Frères Coulibaly" (la
famille). Il vivent depuis leur enfance à Bobo-Dioulasso, carrefour
culturel de l'Afrique de l'ouest qui brasse depuis toujours les influences
des différentes ethnies composant sa population. Véritable
mosaïque culturelle, Bobo-Dioulasso est le creuset du renouveau
de la musique traditionnelle au Burkina Faso, de lauthentique
son africain, dont le groupe Farafina a fait connaître au niveau
international la richesse et la créativité.
Lassina et Ousséni quittent leur pays natale pour la première
fois en 1989 pour rejoindre lEurope. Invités par les Ateliers
d'ethnomusicologie à Genève, les Frères Coulibaly
y enseignent la percussion et la danse africaine. De là ils sont
invités en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Angleterre.
Le public est immédiatement conquis par leur aisance naturelle,
par le rayonnement instantané qui émanait de ces jeunes
musiciens fraîchement arrivés du Burkina Faso. Leur entente
semblait parfaite et inaltérable, aucune dissension ne paraissait
possible entre eux.
Lethnie des Bwaba donne une haute valeur é la gémellité,
et ce prestige avait dû rejaillir sur eux dès leur enfance.
Après cette première grande tournée, les jumeaux
rentrent à Bobo-Dioulasso et reviennent lannée suivante
avec leur grand frère Souleymane, dit Solo, qui les a initié
à la musique. Invités au Festival de Jazz de Montreux,
ils ouvrent sous la direction artistique de Quincy Jones la soirée
du concert exceptionnel de Miles Davis. Devant ce succès, Claude
Nobs et Quincy Jones leur proposent de se joindre à deux soirées
supplémentaires aux côtés de Georges Clinton, Georges
Benson, Toots Thielmans, Al Jarreau, les rappers Kool Moe Dee, Mel mellow,
et beaucoup d'autres.
En 1991-1992, l'O.M.S (Organisation Mondiale de la Santé) invite
Solo, Lassina et Ousséni a composer une chanson en français
pour l'ouverture de la journée mondiale de lutte contre le SIDA
à Genève.
Les Frères Coulibaly jouent pour la Fondation Sacem à
Paris et participent à la soirée "Nuit de la percussion"
avec Michel Portal, Daniel Humair, Mino Cinélu et David Friedmann.
Leur concert est accueilli avec chaleur et fut une entrée remarquée
sur la scène parisienne!
En 1993 paraît le premier disque des jumeaux et du grand frères
Solo : "Anka-Dia" (la bonne entente). Ils partent enseigner
la percussion en Tunisie et, lannée suivante, font une
tournée en Espagne, à Barcelone et Madrid où ils
participent à un festival africain avec Salif Keita, Césaria
Evora, Khaled et Johnny Clegg.
Puis " les Frères Coulibaly " se concentrent sur l'Afrique
et partent au Sénégal, en invités du concert organisé
par Baaba Maal pour célébrer son dixième anniversaire
dans le monde du spectacle. C'est l'occasion d'une rencontre avec Peter
Gabriel et de plusieurs soirées spéciales avec leur ami
Youssou N'Dour.
Le groupe sagrandit ainsi, les jumeaux, Lassina et Ousséni
et Solo présentent dès 1996, leur nouvelle formation composée
de leurs neveux et leur nièce. Ils formeront dès lors
"Badenya les Frères Coulibaly" 8 personnes.
1997-2000: Toujours en tournée et en préparant leur prochain
disque, ils sont invités à jouer une série de concert
" Tribute of Rhythm " avec le grand maître du tabla
Zakir Hussain et l'ex-membre du Kodo Japonais, Leonard Eto.
2000-2001: Sortie de leur 2ème disque "Seniwe" (la
solidarité), avec toute la famille. Tournée promotionnelle
mondiale pour la sortie du disque " Seniwe ", ils iront en
Amérique, Malaisie, lAllemagne, lAutriche et Israël.
Lannée suivante, ils partent à travers lEurope
et Carlos SANTANA les invite à le rejoindre sur scène
au stade Letzigrund de Zürich, devant 50'000 personnes.
Et cest en novembre 2002, que Ousséni décède
à Genève, des suites dune longue maladie. Sa disparition
laisse un grand vide dans le cur du groupe et de son frère
jumeau Lassina. Profondément attristés, les Coulibaly
rentrent au Burkina Faso, ramenant leur frère à la maison
pour lenterrer dans son pays natal.
En Afrique, Badenya se ressource, reprend des forces. Ils en ont besoin
car lannée suivante, une longue route fera passer le groupe
par la Suède, lAustralie, la Nouvelle Zélande, le
Japon, Singapore, lAfrique du Sud et lEurope. En parallèle,
Badenya les Frères Coulibaly prépare leur prochain album,
quil dédieront à Ousséni.
Désormais, leur musique témoignera de la vie et de la
richesse humaine de ce frère décédé bien
trop tôt. La force des jumeaux est encore un mystère, mais
Ousséni la transmet aux siens tous les jours.
Cest une musique d'aujourd'hui, une musique vivante qui ne renie
pas les apports extérieurs susceptibles de l'enrichir. Mais cest
aussi la musique d'une Afrique ancestrale, qui tire dans ses racines
la substance de son renouveau. Et en cela, elle est porteuse d'espoir.
Les instruments:
1. Le garango: long cylindre de bois d'un mètre cinquante, est
recouvert de deux peaux aux extrémités. Il se porte par
une lanière sur l'épaule et se joue avec deux baguettes.
C'est un instrument utilisé lors des mariages traditionnels bwamou.
2. Le djembé: tambour en calice, creusé dans un tronc
d'arbre et joué à mains nues.
3. Le balafon: xylophone à lamelles de bois résonnant
sur des calebasses.
4. Le doum-douba: est le tambour de basse de tous les instruments. Formes
cylindrique recouvert de deux peaux de chèvres et se jouant avec
une baguette recourbée.
5. Le ken keni, a une forme cylindrique recouvert de deux peaux de chèvres
et se jouant avec une baguette recourbée. Accompagne le doum'douba.
6. Le lounga ou tama: tambour en sablier dont on module le son en serrant
les lanières qui relient les peaux, tendues sur deux faces.
7. Le bara: tambour fait d'une grosse calebasse tendue d'une peau de
chèvre; il se joue à mains nues.
8. Le barafié : calebasse décorée de coquillages,
est principalement joué par les femmes griots pour accompagné
leurs chants.
9. Le maracas : petite calebasse recouverte de perles faites